17/01/2006

Actualité no 3-Ne M'oubliez pas, de Trezza Azzopardi, paru en février, une traduction qui m'a donné la chair de poule mais que la presse a "oublié" de recenser, une véritable injustice littéraire !

Un extrait : « Blanche-Neige est étendue dans son cercueil de verre. Elle ne leur montrera pas qu’elle est réveillée. Elle sait que si elle le fait on ne lui permettra pas de rester et de regarder le ciel translucide tout là-haut, ni les arbres et leurs branches qui s’agitent sous la brise. Elle n’a pas conscience du lierre qui rampe tel un voleur sur sa tombe, ni de ses surgeons qui cherchent prise sur le verre : ses protecteurs ont dégagé un large cercle à travers lequel ils l’observent. Par les fentes de ses yeux elle sent chaque jour leurs regards désespérés qui la dévisagent. Elle reste complètement immobile. Parfois il pleut ; de grosses gouttes qui éclatent près de son visage. Impossible de les goûter, bien que sa langue la démange de le faire. Blanche-Neige regarde les éclaboussures se transformer en bulles tremblotantes. Ce sont des miroirs convexes qui reflètent la vallée, ils contiennent un arc-en-ciel, une spire de fougère, le halo d’un coucher de soleil. Quand les gouttes s’évaporent, elles laissent des taches qu’elle est seule à voir. Parfois une feuille se détache, un oiseau laisse pendiller un ver, un escargot passe le temps, son ventre argenté faisant frémir une traînée de brume sur son visage. Elle demeure étendue, intacte. Blanche-Neige choisit de rester endormie. L’idée de se réveiller lui fait horreur. La voici ensevelie, paisible. La nuit, quand tous les visages disparaissent, elle a la lune rien que pour elle. Dans sa tête, sous les étoiles clignotantes, elle danse. »

21:24 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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