17/01/2006

Le Bûcher-impressions 5, celles de Miss M, à dévorer sans modération sur http://miladyrenoir.skynetblogs.be/

Deux ans après la dédicace écrite sur une table d’enculé à l’Union de Saint Gilles, je parcours les pages de ce roman de l’amie Edith, celle qui m’a poussée dehors, avec les livres et les écrivailleurs. C’est elle aussi qui m’a jetée dans les mots de Chloé Delaume, c’est elle qui m’a balancée dans les bras d’un psy-épluche-légumes, mais c’est elle enfin qui vient de NOUS bouleverser, mon homme et moi. Nous étions comme ça, l’un devant l’autre dans la baignoire chaude, nous lisant l’un à l’autre ce roman après Dans le train de Mr Oster et puis, ça nous est venu. D’abord, nous avons cru à l’humidité ambiante et à la chaleur incandescente d’une salle de bains, puis, après quelques pages, nous avons saisi… c’était l’émotion, le choc frontal… La dimension philosophique digne d’un Petit Prince cruel et assourdissant, la poésie obscure d’un Isidore Ducasse, la vision de l’idéal haletant sous la pression des choses. Tout est là. Évidence sacrilège. Raisonnement insolent de la perpétuelle initiation. Cruauté sempiternelle de l’apprentissage de la mort. J’avais hésité à le lire ce livre, comme si j’avais attendu le moment de pouvoir tout comprendre, comme si j’avais eu peur (parce qu’au début, j’avais peur d’Edith) et aujourd’hui, même sans la prétention d’avoir compris ce livre, j’ai senti une once de réponse, à moins que ce ne soit une question qui me sied plus. Le Bûcher des anges est comme un évANGilE de Saint Jean qui torture Lacan. J’ai lu chaque mot en me disant qu’il me touchait, moi alors que c’est sûrement l’un des livres les plus extérieurs à soi pour avoir capté si justement le regard du profond. Les risques d’apprendre, la désillusion de la recherche, la lumière de l’absolu et l’obscurité de la portée de-main, j’ai l’ivresse des pages dans la gorge. Et mon Petit Prince a eu les yeux imbibés de compréhension, après la page 121, nous avons partagé l’échange, pensé à nous, aux autres et au monde. Nous avons fait l’amour ensuite, pour nous dire qu’il n’y avait rien de mieux que la symbiose et la compréhension, mais ça, c’est accessoire à cette anecdote et à l’Histoire du livre, bien entendu. La pédagogie transperce chaque strophe répétitive, répétée à l’excès parce que les choses sont là, devant nos trous mais nous ne sommes des singes ô-dieux… Le Bûcher des anges ou la vérité sur les Hommes. Ils ont tous un sexe, ils sont tour à tour bourreaux ou victimes, ils ont des ailes sur leurs dos bariolés, aussi, ils tuent, ils (s’)abandonnent, ils (s’)initient, ils perpétuent, ils cherchent et rarement et trop tard ils trouvent. Merci Dame Edith.

20:46 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

relecture... je relis (donc), l'oeil amusé mais approbateur, et persiste, et (re)signe !

Écrit par : Milady Renoir | 02/02/2006

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