17/01/2006

Le Bûcher-les impressions de J.C. Bologne, jury de la Bourse Thyde Monnier du 1er roman (SGDL, Paris 2002) et « parrain » du livre

« Dans le monde que s'invente Jean dans le silence des adultes, des liens mystérieux courent entre les êtres et leur donnent sens. Si les enfants morts deviennent des anges, Jean est-il maudit d'être resté vivant ? Le boucher, dans le sang des bêtes, punit-il ceux qui ne sont pas devenus anges ? La maladie qui menace d'emporter l'adolescent, en tout cas, ne peut être qu'un appel ; un appel manqué. Grandir dans l'absence de l'ange, c'est se condamner à le chercher à travers le monde. Aux rencontres initiatiques succèdent les erreurs inévitables lorsque l'on confond le rêve et l'apparence, les ailes de l'ange et le tatouage du marin... Jean vit dans un monde transfiguré, où la sexualité, la violence, la cruauté deviennent des liturgies conjuratoires. Liturgies nécessaires pour donner sens à sa vie et retrouver, peut-être, le bûcher où elle se consume pour libérer l'ange exilé dans l'enfant. Ce récit, éclaté, est construit comme un puzzle dont le dessin se précise peu à peu dans l'esprit du lecteur. Quelques scènes fortes, d'une dimension quasi mythique, rassemblent, le temps d'une vision, les éléments épars, mêlant étroitement rêve et réalité pour imposer au monde un statut intermédiaire, celui d'une fiction signifiante. Le rythme de la phrase, brisé par l'usage très particulier de la ponctuation, fondant la syntaxe pour isoler certains mots, participe à cette subtile transmutation de la réalité en mythe dans le regard d'un enfant blessé.»

21:11 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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