17/01/2006

LA TOMBE DE MON PERE EST DANS LE CIEL

biblio"ou une famille juive alsacienne réfugiée en Aveyron (France)de 1940 à 1945"...Le récit : en 1940, une jeune femme juive d’origine allemande doit quitter sa vie heureuse et aisée à Colmar (Alsace) pour affronter les routes de l’exode. Partie pour cinq semaines, elle verra son exil se muer en cinq années ! Rejointe par son mari démobilisé, elle le sera aussi par ses parents ayant fui l’Allemagne après la Nuit de Cristal, dont son père relâché de Buchenwald. Ils vivront la guerre en Aveyron, avec une période où ils devront se cacher pour échapper aux SS. En dépit de la peur, de la faim, de l’angoisse, des internements ou des rafles, cette famille juive verra aussi beaucoup de mains généreuses se tendre sur sa route, dont certaines lui sauveront la vie. Il y en aura hélas d’autres plus cruelles, comme le curé lorrain qui dénoncera l’époux alors envoyé en résidence surveillée ; la Milice qui raflera la mère pour une déportation bienheureusement arrêtée au Camp de Rivesaltes ; et le gendarme qui viendra chercher le père pour le camp de Gurs, d’où il sera déporté vers Drancy puis Majdanek (Pologne), où il mourra gazé.Composé de détails émouvants et d’événements petits et grands croisant cette histoire avec l’Histoire, ce témoignage a été recueilli auprès de Mme Isabelle Kahn, Colmar, 98 ans. Présentation : récit à la première personne / notes historiques / petite iconographie/30 pages.

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Mon (dur) parcours d'artiste...

Difficile de s'exprimer là-dessus sans verser dans le misérabilisme ou l'auto-apitoiement éhontés. Après des années plutôt faciles, avec le recul, à enseigner le français langue étrangère dans divers pays, voilà que m'a traversée l'idée saugrenue qu'écrire serait plus tranquille finalement, plus "mobile" aussi,surtout plus intéressant. Parce que j'avais un goût, et un vague talent, pour la rédaction de lettres, la porte m'était royalement ouverte, me suis-je dit avec une innocence qui m'a coûté cher par la suite et ne m'amuse même pas avec le recul... Puisque j'avais un peu voyagé, je rédigerais des récits de voyage, telle était mon ambition première ! Mais ça ne s'est pas tout à fait déroulé ainsi... Des récits de voyage je suis très vite passée aux nouvelles, dont l'une a été récompensée en 91 par le Prix RFI de la Nouvelle, une incitation à persévérer que j'ai béatement saisie ! Sans me douter qu'ensuite il me faudrait batailler 10 pour faire éditer mon 1er roman (avis aux innocents !)

21:42 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Me Myself and I (MoiMavieMonoeuvre), le résultat...

Fière descendante de pêcheurs d'Islande, Terre-Neuvas et Cap-Horniers mais aussi universitaire française, ancienne élève du philosophe Roger Laporte et de l’écrivain américain Ronald Sukenick, Edith Soonckindt a exercé 101 métiers (au moins) et vécu en France, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et à présent en Belgique. Posée à Bruxelles depuis 11 ans, elle y travaille pour l’édition parisienne et l’audiovisuel belge, après 10 autres années comme chargée de cours dans l’enseignement supérieur en France et à l’étranger. Lauréate ’91 du Concours de Nouvelles de RFI, elle est également l’auteur d’un roman (Le Bûcher des anges, Ed. Hors Commerce, Paris, un des Grands Prix d’Automne 2002 de la SGDL, Paris), d’un guide de voyage, de 11 albums jeunesse (dont Au Pays des rois, Nathan, traduit en italien et coréen, et Les Escalators, j’adore ! Hachette, sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2003), ainsi que d’une vingtaine de traductions de l’anglais dont Le Garçon Boucher, Ecarts de conduite, Un Eté vénéneux, La Cachette (sélectionné en 2002 pour le Prix Amédée Pichot, Arles), et aussi La Nostalgie de l’ange et Les Cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut, deux best-sellers de ces dernières années.Son travail lui a également valu bourses d'encouragement et crédits de traduction du CNL, ainsi que bourses de résidences (CITL, Arles, Monastère de Saorge, Academia Belgica, Rome). Elle a beau adorer dormir et musarder, elle a tout de même dans ses cartons 5 manuscrits plus littéraires et 2 témoignages - un sur le non désir d’enfant, un autre sur le harcèlement moral - et prépare également un court métrage, une pièce de théâtre, un recueil de contes oniriques pour enfants ainsi qu'un nouveau roman...

21:39 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Coup de coeur permanent : "mon" village au Sénégal, que vous pouvez aider aussi en leur envoyant des livres !

Il était une fois... un auteur jeunesse (en l'occurence, moi) qui avait donné à une amie (coucou,Lénou) partant au Sénégal un de ses livres (Au Pays des rois) à offrir expressément à l'enfant le plus pauvre qu'elle rencontrerait ! Et Lénou avait fait mieux ! Elle l'avait offert à une bibliothèque scolaire d'un village de brousse. Comme l'auteur jeunesse avait griffonné ses coordonnées et assuré qu'elle pouvait envoyer d'autres de ses ouvrages à qui le lui demanderait, elle a reçu une belle lettre détaillant des souhaits. Des mois plus tard, après envoi de tas de petits livres de la collection Rouge et Or, elle a reçu cette autre lettre, touchante, pour lui dire combien le village était tristement démuni de livres, et combien tous avaient pleuré en recevant son (pourtant modeste) colis ! Alors si vous avez envie d'aider la bibliothèque d'un petit village de brousse à se monter, et j'avoue avoir été un peu négligente sur le sujet ces derniers temps,n'hésitez surtout pas à envoyer les livres jeunesse,les classiques et les livres pratiques (maçonnerie, plomberie etc.) dont ils m'ont dit avoir tant besoin ! Adresse suivra dès que je l'aurai retrouvée... Et tenez-moi peut-être au courant de ce que vous enverrez afin d'éviter les doublons. D'avance, merci !

21:31 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

SUR UN MUR DE NEW YORK....

imagesPatrick Marchal (grand photographe belge devant l'éternel) m'avait rapporté de New York au siècle dernier ce poème mural trouvé dans l'appartement où il logeait, et puis je l'ai (grossièrement) traduit : "Stay loose. Learn to watch snails. Plant impossible gardens. Invite soemone dangerous to tea. Make little signs that say yes! and post them all over your house. Make friends with freedom and uncertainty. Look forward to dreams. Cry during movies. Swing as high as you can on a swingset, by moonlight. Cultivate moods. Refuse to "be responsible." Do it for love. Take lots of naps. Give money away. Do it now. The money will follow. Believe in magic. Laugh a lot. Celebrate every gorgeous moment. Take moonbaths. Have wild imaginings, transformative dreams, and perfect calm. Draw on the walls. Read everyday. Imagine yourself magic. Giggle with children. Listen to old people. Open up. Dive in. Be free. Bless yourself. Drive away fear. Play with everything. Entertain your inner child. You are innocent. Buils a fort with blankets. Get wet. Hug trees. Write love letters." @Sark-"Restez calme - Apprenez à regarder les escargots - Plantez des jardins impossibles - Invitez quelqu'un de dangereux à prendre le thé - Ecrivez des petits mots où il est marqué "Oui !" et scotchez les partout chez vous - Apprivoisez la liberté et l'incertitude - Réjouissez vous à l'avance de vos rêves - Pleurez au cinéma - Balancez vous aussi haut que possible sur une balançoire, au clair de lune - Cultivez des humeurs - Refusez d'être responsable - Entreprenez tout par amour - Faites beaucoup de siestes - Faites don de votre argent - Tout de suite - Il en viendra d'autre - Croyez en la magie des choses - Riez beaucoup - Célébrez chaque splendide moment - Prenez des bains de lune - Ayez des fantasmes fous, des rêves transformateurs, et restez d'un calme parfait - Gribouillez sur les murs - Lisez chaque jour - Imaginez vous que vous avez des pouvoirs magiques - Riez avec les enfants - Ecoutez les vieilles personnes - Ouvrez-vous - Plongez - Soyez libre - Repoussez la peur - Jouez avec tout et n'importe quoi - Distrayez votre enfant intérieur - Vous êtes innocent - Construisez un fort avec des couvertures - Mouillez-vous - Serrez les arbres dans vos bras - Ecrivez des lettres d'amour" © Sark

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Actualité no 1-L'Echantillonneuse, une compilation résolument loufoque (si si) à paraître un jour proche, j'espère…

Qu'ont en commun un ancien combattant, un maquereau, un gigolo, Charles Juliet, deux ingénieurs, un (faux) attaché culturel, un futur moine, un petit chef d’orchestre, un grand chef de gare, des amants poétiques, exotiques (plein !), ou bien pragmatiques, un grand traducteur du chinois, celui de Proust en persan, celui de St John Perse en arabe ou encore de Novarina en espagnol, l’accompagnateur de Charles Aznavour, un docteur (véreux), des inconstants, des étudiants, un inséminateur artificiel, Dieu, César (l’autre, grand couturier arlésien), un contrôleur Sncf, un sosie de Dany de Vito, Roger le grand cafetier, un tueur en série, un bientôt aumônier, Manitas de Plata, un ancien déporté, un boucher, un travesti, un mafieux, des beaux gosses, un guichetier, Jacques Sojcher, un ange gardien, des sportifs, un petit écrivain de polars, un grand chamane (déjanté), un huissier, un médium, des internautes (plein), un grand amour, un esclave, des lâches (à foison), Marcel Moreau, un (ex) mari, un grand écrivain (anonyme), un homme de la nuit, du samedi, de la rue, de Venise ou de science, Ian Bucquoy, des chanteurs, des peintres (certains en bâtiment), deux clavecinistes, un plombier, des timides, des coincés, des pervers, des psychotiques, des romantiques, des chafouins, des mufles, quelques énamourés, l’Entarteur et un végétalien ? Vous le saurez en lisant l'opus sus nommé, remplaçant avantageusement le Prozac et bientôt disponible dans les meilleures pharmacies ! A suivre !

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Actualité no 2-L'Illusionniste, un récit autour du harcèlement moral, à paraître un autre jour... photo V. Boissacq

L’Histoire : Un homme, une femme, une rencontre, rien que de très banal a priori. Au départ la femme n’en attend rien, à part oublier une récente rupture. Cet homme ne lui plaît pas follement mais il est drôle, enjôleur, et elle commet l’erreur de succomber à une apparente facilité, le temps d’un soirée croit-elle. Ce soir-là, un piège est installé qui la ferrera, elle le comprendra 1 an après... Entre-temps elle aura subi une relation de 6 mois émaillée de moments d’une étonnante proximité, certes - et là réside une partie du piège – mais graduellement harcelante, et épuisante ; une relation faite de critiques, de manquements et dénigrements divers alternant (et là est l'autre partie du piège) avec une douceur et une gentillesse extrêmes, une relation destructrice avant tout et visant à anéantir tout ce qui fait l’unicité et l’essence de sa personne, une relation faite de ce chaud et froid unique à l’origine d’un lien paradoxal, et solide : l’emprise, triste corollaire du harcèlement moral. Avec aux commandes, non plus l’homme inoffensif rencontré un soir d’ennui, mais un pervers narcissique déterminé à, et outillé pour, lentement la détruire autant qu’il se détruit, lui. Parce que c’est un malade qui la jalouse à l’excès, parce qu’il l’a voulue et qu’elle est sa « chose », qu’il dépend d’elle pour oublier son vide et ses tourments, et qu’en conséquence il la hait et le lui fait payer, ne craignant pas de l’aduler et de paradoxalement finir par anéantir la « chose » même dont sa survie bien souvent dépend ! Face à cette relation perturbante et destructurante, panachée d’enfermement et d’interdits qu’elle confondra au départ avec machisme ou méchanceté, la victime de ce témoignage-ci, pourtant indépendante et lucide, tentera de rompre plusieurs fois, la première au bout d’1 mois, à chaque fois sans succès… Parfois même, incrédule, elle ira rechercher son « tortionnaire », et le mot est hélas juste, de son plein gré ! Parce qu’entre-temps le syndrome de Stockholm se sera mis en place, en dépit des horreurs endurées que compense toujours, ponctuellement, une douceur à la puissance… envoûtante ? Présenté au départ comme témoignage, ce récit prend à présent, pour des raisons dramaturgiques, le biais de la fiction. Il devrait être finalisé au printemps 2006...

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Actualité no 3-Ne M'oubliez pas, de Trezza Azzopardi, paru en février, une traduction qui m'a donné la chair de poule mais que la presse a "oublié" de recenser, une véritable injustice littéraire !

Un extrait : « Blanche-Neige est étendue dans son cercueil de verre. Elle ne leur montrera pas qu’elle est réveillée. Elle sait que si elle le fait on ne lui permettra pas de rester et de regarder le ciel translucide tout là-haut, ni les arbres et leurs branches qui s’agitent sous la brise. Elle n’a pas conscience du lierre qui rampe tel un voleur sur sa tombe, ni de ses surgeons qui cherchent prise sur le verre : ses protecteurs ont dégagé un large cercle à travers lequel ils l’observent. Par les fentes de ses yeux elle sent chaque jour leurs regards désespérés qui la dévisagent. Elle reste complètement immobile. Parfois il pleut ; de grosses gouttes qui éclatent près de son visage. Impossible de les goûter, bien que sa langue la démange de le faire. Blanche-Neige regarde les éclaboussures se transformer en bulles tremblotantes. Ce sont des miroirs convexes qui reflètent la vallée, ils contiennent un arc-en-ciel, une spire de fougère, le halo d’un coucher de soleil. Quand les gouttes s’évaporent, elles laissent des taches qu’elle est seule à voir. Parfois une feuille se détache, un oiseau laisse pendiller un ver, un escargot passe le temps, son ventre argenté faisant frémir une traînée de brume sur son visage. Elle demeure étendue, intacte. Blanche-Neige choisit de rester endormie. L’idée de se réveiller lui fait horreur. La voici ensevelie, paisible. La nuit, quand tous les visages disparaissent, elle a la lune rien que pour elle. Dans sa tête, sous les étoiles clignotantes, elle danse. »

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Le Bûcher des anges, une drôle d'histoire...

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Le Bûcher des anges-extrait de la préface de Marcel Moreau

« Le Bûcher des anges n’est pas un conte pour les petits. C’en est un où devraient plonger, toutes affaires de grands cessantes, ceux dont le mystère infantile demeure « honteusement » irrésolu. Soit qu’ils le confièrent, pour en guérir, à la psychanalyse, soit que le Verbe leur manque pour en remonter, des abîmes, les secrets d’absolu. J’ai « plongé » et, de la première ligne à la dernière, j’ai « tressailli », ainsi qu’il en va chaque fois que croyant aller à la connaissance, c’est sur des révélations que je tombe. »

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Le Bûcher des anges-1er chapitre

Né aux étoiles dans un souffle, immobile - loin des routes brûlantes des anges crucifiés du boucher au tablier rougi - tu ignorais alors que c’était un bonheur rare et plein que tu implorerais plus tard en vain lors des épuisements terrestres, lorsque tu serais usé aux larmes pour avoir presque oublié ton nom et que l’on se détournerait, apeuré, sur ton passage. Enfant trop petit malhabile, maudit. Etranger toujours tu seras, aux autres et à toi-même, même les chemins qui mènent au coeur seront pour toi ceux de l’oubli. Car telle serait, la malédiction des fées ce grand secret. Les routes il ne connaît pas encore pour l’instant c’est un enfant si doux si tranquille qui n’a même pas envie de bouger, inerte comme une plume que la pluie aurait collée tout contre la terre, glaise. Oh, il y a des rues bien sûr, dans la ville où il est né cela il le sait, dans son corps qui s’immolerait déjà s’il le pouvait : celle, plate et morne, qui mène chez le marchand de jouets dont l’oeil de verre lui renvoie les étranges reflets d’un carrousel les jours de grand fête. Et cette autre, grise et touffue, où le marchand de vélos offre son rictus à un enfant-si-aimable-comme-vous-avez-de-la-chance-madame et la voilà qui sourie comme elles le font toutes parce qu’inventées pour cette unique grave tâche. Il y a aussi celles qui mènent vers les gens, tous les gens de la Terre peut-être. Et puis surtout il y a cette autre rue plate et vide qui mène au port où la marchande d’algues lui donne des bonbons à l’odeur mauvaise lorsque le vent souffle de la mer en charriant les cris, des marins noyés les jours de grande tempête. Parfois, aux côtés de la marchande, il y a un petit garçon mais ce n’est jamais le même. Ce sont les rues de l’enfant, les premières qu’il connaîtra avant d’en parcourir tant d’autres jusqu’à la nausée fébrile que procurent toujours les chemins qui ne vous appartiennent pas. Exsangues et bien pâles imitations du seul chemin qui aurait dû être, rester et résister aux tourmentes du temps et du vent les soirs de pleines lunes, lorsque l’on peut étaler sa vie à nu dans le secret et se dire, rien de vrai n’a encore été fait. Au milieu du labyrinthe que dans son esprit ces rues dessinent il y a celle où il est né - rue, du Calvaire - sans qu’il sache encore ce que cela veut dire c’est bien normal, un enfant si petit si tranquille. Dans sa rue il sait déjà qu’il se passe des choses - rues, lieux idéaux d’existence - puisqu’il y a une grosse dame aux cheveux noirs qui crie et un jour, voilà la petite fille de la grosse dame qui tombe par la fenêtre la dame en oublie de crier. Dans la rue elle s’est tuée, la petite fille, sans un cri un chuchotement par une journée de plus au creux du monde immobile. Il paraît, que c’est un récit de plus qu’il s’est fabriqué lui dit sa mère qui l’accuse toujours de trop rêver. Mais lui sait, que toujours il dira les choses telles qu’il les aura vues parce qu’elles seront alors bien pires, que toutes celles que l’on pourrait inventer. La petite fille à la fenêtre. C’est la première histoire de son enfance, et déjà personne ne veut le croire. Enfin, plus tard, personne ne voudra se souvenir de la petite fille tombée du cinquième étage à moins que ce ne soit du premier, et c’est comme un voile noir sur ses yeux qui l’inonde. Alors lui racontera, pour faire exister. Elle avait des cheveux mi longs sans couleur définie, coupés au carré croit-il se souvenir c’est le seul détail qui lui reste en tête. De son nom il ne se souvient pas, même s’il a dû souvent entendre la grosse dame le crier. Mourir, jeune, comme un sacrifice éternel suspendu au corps du vide, pétrifié. Dans les maisons derrière le port les murs intérieurs suintent d’humidité tellement c’est lugubre mais le petit garçon sait qu’il a de la chance, sa mère les a peints en jaune pour que cela fasse plus gai. En couleur, pleurer, c’est comme une plaie offerte. Il est probable que la grosse dame n’avait pas peint les murs en jaune et alors la petite fille s’est tuée en n’ayant connu que des murs mouillés, blancs. Il se dit cela aurait pu être moi tué, à sa place quelle chance j’ai eu cela restera la-mort-de-la-petite-fille-qui-ne-riait-jamais-car-comment-pourrait-on-rire-dans-une-rue-pareille ?L’enfant se dit aussi c’est gai, tous les dimanches nous prenons la route - ma toute première - pour aller voir mes grands-parents dans leur maison blanche et basse avec du noir brillant qui lui entoure les pieds. Maison en demi-deuil un fils décédé rue du Calvaire, comme un petit oiseau lui dira sa grand-mère plus tard, décédé à dix ans d’un mal impossible à soigner. C’était un petit ange il ne pouvait pas vivre sur Terre diront d’autres parents. Et l’enfant pense, deux jeunes morts dans ma rue déjà qui n’avaient pas fait attention et voilà, j’aurai bien raison de me méfier des rues plus tard, et aussi des routes. Ange à trépas d’oiseau, immolé sur tous les autels de l’incertitude et dont le sang, noir, coulera des décennies encore, dans tous les coeurs abîmés par la brûlure qu’il y a à laisser mourir un enfant sans l’aider.

21:14 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Bûcher-les impressions de J.C. Bologne, jury de la Bourse Thyde Monnier du 1er roman (SGDL, Paris 2002) et « parrain » du livre

« Dans le monde que s'invente Jean dans le silence des adultes, des liens mystérieux courent entre les êtres et leur donnent sens. Si les enfants morts deviennent des anges, Jean est-il maudit d'être resté vivant ? Le boucher, dans le sang des bêtes, punit-il ceux qui ne sont pas devenus anges ? La maladie qui menace d'emporter l'adolescent, en tout cas, ne peut être qu'un appel ; un appel manqué. Grandir dans l'absence de l'ange, c'est se condamner à le chercher à travers le monde. Aux rencontres initiatiques succèdent les erreurs inévitables lorsque l'on confond le rêve et l'apparence, les ailes de l'ange et le tatouage du marin... Jean vit dans un monde transfiguré, où la sexualité, la violence, la cruauté deviennent des liturgies conjuratoires. Liturgies nécessaires pour donner sens à sa vie et retrouver, peut-être, le bûcher où elle se consume pour libérer l'ange exilé dans l'enfant. Ce récit, éclaté, est construit comme un puzzle dont le dessin se précise peu à peu dans l'esprit du lecteur. Quelques scènes fortes, d'une dimension quasi mythique, rassemblent, le temps d'une vision, les éléments épars, mêlant étroitement rêve et réalité pour imposer au monde un statut intermédiaire, celui d'une fiction signifiante. Le rythme de la phrase, brisé par l'usage très particulier de la ponctuation, fondant la syntaxe pour isoler certains mots, participe à cette subtile transmutation de la réalité en mythe dans le regard d'un enfant blessé.»

21:11 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Bûcher-impressions 1, celles de Laurence Vielle, comédienne enchanteresse et écrivaine enchanteuse...

Edith, j'ai lu ton livre, là d'une traite dans un train de Bruxelles à N., c'était le chemin juste, et Jean à peine décrit ouvre un drôle de creux en moi où flotte son secret. Car c'est secret le lieu où arrive Jean. Je l'effleure. Jean est au bord de moi et les phrases se ponctuent autrement hors, de la raison comme un temps nouveau à prendre, une esquisse de vol, hors, de routes trop terrestres une peau dans-je. Je serai heureuse de lui donner haute voix. Je prépare un extrait où la ponctuation me semble être celle que tu y as mise, c'est-à-dire inhabituelle, magnifiquement boiteuse. Que la mer du nord t'aie ravie, un temps je le souhaite.

21:07 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Bûcher-impressions 2, celles de Joyce Waters, charmante journaliste à la RTBF (tv belge)

Oui, j'ai bien reçu le livre, et je vous en remercie. Oui je l'ai lu et j'ai beaucoup, beaucoup aimé le texte, que je trouve très beau. J'en ai aimé aussi les images et le voyage et... Mais c'est vrai je vous avoue que je suis très perturbée par la ponctuation et je ne raterai certainement pas votre passage télévisé chez Dolorès Oscari. A moins que... Mais Je, ne pense, pas-encore-pouvoir, vous assurer de ma présence au Théâtre Poème, pour le moment ! A très bientôt et merci pour ce voyage-lecture en apesanteur qui m'a donné l'impression de lire et de me déplacer à travers un carafon de cristal biseauté.

21:03 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Bûcher-impressions 3, celles de Carmelo Virone, rédacteur en chef du Carnet et les Instants et rédacteur tout court dans Mandrill, les deux à lire résolument si vous avez l'heur de vivre en Belgique !

propos de la présentation du roman au Théâtre Poème (Bruxelles), émaillée des si belles lectures de Laurence (Vielle) : " J'ai plutôt tendance à improviser mes questions, mais il y en a au moins une à laquelle tu ne couperas pas : la ponctuation, souvent décalée : unevirgule avant un adjectif qualificatif ou un complément d'objet mais entreentre deux termes équivalents juxtaposés. T'as intérêt à revoir ta grammaire! Je suis sûr, que c'est par perversion, pure, que tu as déplacé ce pauvre peuple, élégant décharné, des virgules, mais tu devras t'en expliquer quand même ! Ton livre est très beau."

20:59 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Bûcher-impressions 4, celles de sa première acheteuse à la Foire du Livre (Bruxelles 2002)

Me revoila, comme promis ! J'ai donc lu votre livre, d'une traite, car je ne pense pas que l'on puisse le lire autrement ! J'ai mieux compris votre dédicace (vous me souhaitiez une "angélique" lecture). J'ai plutôt senti une violence des sentiments, que j'ai moi-même pu vivre "à en crever" lors de mon adolescence, et, je crois même plus jeune aussi. Ce n'est certainement pas un livre"angélique". Je le relirai certainement. Je vous quitte. Un ange m'appelle... Nathalie

20:48 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Bûcher-impressions 5, celles de Miss M, à dévorer sans modération sur http://miladyrenoir.skynetblogs.be/

Deux ans après la dédicace écrite sur une table d’enculé à l’Union de Saint Gilles, je parcours les pages de ce roman de l’amie Edith, celle qui m’a poussée dehors, avec les livres et les écrivailleurs. C’est elle aussi qui m’a jetée dans les mots de Chloé Delaume, c’est elle qui m’a balancée dans les bras d’un psy-épluche-légumes, mais c’est elle enfin qui vient de NOUS bouleverser, mon homme et moi. Nous étions comme ça, l’un devant l’autre dans la baignoire chaude, nous lisant l’un à l’autre ce roman après Dans le train de Mr Oster et puis, ça nous est venu. D’abord, nous avons cru à l’humidité ambiante et à la chaleur incandescente d’une salle de bains, puis, après quelques pages, nous avons saisi… c’était l’émotion, le choc frontal… La dimension philosophique digne d’un Petit Prince cruel et assourdissant, la poésie obscure d’un Isidore Ducasse, la vision de l’idéal haletant sous la pression des choses. Tout est là. Évidence sacrilège. Raisonnement insolent de la perpétuelle initiation. Cruauté sempiternelle de l’apprentissage de la mort. J’avais hésité à le lire ce livre, comme si j’avais attendu le moment de pouvoir tout comprendre, comme si j’avais eu peur (parce qu’au début, j’avais peur d’Edith) et aujourd’hui, même sans la prétention d’avoir compris ce livre, j’ai senti une once de réponse, à moins que ce ne soit une question qui me sied plus. Le Bûcher des anges est comme un évANGilE de Saint Jean qui torture Lacan. J’ai lu chaque mot en me disant qu’il me touchait, moi alors que c’est sûrement l’un des livres les plus extérieurs à soi pour avoir capté si justement le regard du profond. Les risques d’apprendre, la désillusion de la recherche, la lumière de l’absolu et l’obscurité de la portée de-main, j’ai l’ivresse des pages dans la gorge. Et mon Petit Prince a eu les yeux imbibés de compréhension, après la page 121, nous avons partagé l’échange, pensé à nous, aux autres et au monde. Nous avons fait l’amour ensuite, pour nous dire qu’il n’y avait rien de mieux que la symbiose et la compréhension, mais ça, c’est accessoire à cette anecdote et à l’Histoire du livre, bien entendu. La pédagogie transperce chaque strophe répétitive, répétée à l’excès parce que les choses sont là, devant nos trous mais nous ne sommes des singes ô-dieux… Le Bûcher des anges ou la vérité sur les Hommes. Ils ont tous un sexe, ils sont tour à tour bourreaux ou victimes, ils ont des ailes sur leurs dos bariolés, aussi, ils tuent, ils (s’)abandonnent, ils (s’)initient, ils perpétuent, ils cherchent et rarement et trop tard ils trouvent. Merci Dame Edith.

20:46 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Le Bûcher-impressions 6, celles de l'adorable Karine Boissou, philosophe, cycliste, cycliste philosophe et ex parlementaire émérite

Merci à toi pour le délicieux moment que j'ai passé à dévorer ton livre : trop forte que tu es, ma petite Edithouille. Je ne trouve pas ton récit sombre, mais douloureux ; et c'est une énorme différence ! L'épreuve du négatif, la douleur, étape nécessaire, essentielle à une véritable réconciliation: foin de masochisme là-dedans, juste se sentir être humain à part entière (rien que ça !). Toujours est-il que sans douleur - elle est donc un moment nécessaire et essentiel - point de cette réconciliation qui offre à un être humain la possibilité d'être plein, entier et généreux (paroxysme de la liberté). On se boit un verre de lait quand ?

20:44 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Bûcher-impressions 7, celles d'un homme de lettres...

 

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Mes années françaises...

20:40 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Mes années anglaises...

C'est ici sans doute que j'ai vécu les plus heureuses années de ma vie et j'ai adoré ce pays autant que l'on peut adorer un homme, même plus, sûrement ! Cinq années entre Manchester et Londres, de jeune fille au pair à lectrice d'université à chargée de cours, en passant par traiteur à domicile ! N'êut été une grisaille qui a fini par m'atteindre (cf Mes années belges...), un été de trop où le soleil a dû luire 3 jours (je n'exagère pas !), j'aurais pu y rester une vie entière, j'aurais beaucoup aimé, en fait. Tout me plaisait dans ce pays, l'humour et l'excentricité de ses habitants comme l'architecture, les pubs feutrés et leurs "sessions" de musique folk, autant que la campagne opulente (pour éviter d'écrire verdoyante). De l'Ecosse à la Cornouaille je l'ai arpenté, du Pays de Galles à l'East Anglia, du Yorkshire à Brighton et j'ai tout aimé, tout, une passion, féroce ! Pour sa langue et sa littérature aussi. Après quoi, ne souhaitant plus enseigner,je suis partie pour Nice (un choc culturel en soi !),puis la Hollande, puis la Belgique, pour me retrouver face à la même impasse météo, invivable à long terme pour la Méditerranéenne que profondément je suis,le charme britannique en moins, hélas...

20:39 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Mes années américaines...

Il y en a eu deux, la première à 17 ans dans le cadre d'un échange entre Montpellier et Louisville, Kentucky, et où je me suis retrouvée tour à tour lycéenne, étudiante en philo et trésorière du International Club puis reporter photographe pour un journal local, le tout sur fond de baby sitting et cours de français pour arrondir mes fins de mois. La seconde à 20 ans, dans le cadre d'un échange universitaire cette fois, et où je me suis retrouvée étudiante en littérature française (...) sur l'un des 8 campus de l'Université de Californie (UCSC Santa Cruz), ainsi que présidente du French Club et répétitrice de théâtre, avec un rôle chanté dans l'Amour médecin de Molière ainsi que celui de Phèdre... De ces deux années je garde des souvenirs contraires, l'ivresse à 17 ans de la découverte d'un nouveau continent et d'une culture, d'un mode de vie tellement différents, et exaltants !J'aurais rêvé alors de m'installer là et d'y rester. La deuxième année fut un choc plus déstabilisant après une traversée du Canada de 3 jours et 3 nuits en Greyhound pour rejoindre une Californie que j'ai cordialement détestée et où j'ai cruellement ressenti différence et solitude à un degré bienheureusement jamais éprouvé depuis.Curieusement j'ai peu écrit sur ces deux expériences, sauf des textesépars ici et là. Mais d'autres l'ont très bien fait pour moi : dans "Less than zero"(Moins que zéro), Brett Eaton Ellis décrit à merveille la vacuité d'une certaine jeunesse californienne qui m'avait,moi,profondément dérangée.Et dans "Amériques", Baudrillard y fait, entre autres, un descriptif de Santa Cruz "faux paradis et véritable enfer",qui m'a consolée dans la vision très déstabilisante que j'avais eue de cette ville à l'époque et que j'attribuais à un ressenti pour le moins sujet à caution. Autant dire que là,je n'ai eu aucun regret de m'en aller tant la superficialité ambiante m'avait infiniment pesé.

20:39 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Mes années néerlandaises...

5 ans de vie ici ou presque,une plongée en langue inconnue des mois durant, une petite ville, une belle famille étrange,une culture aux contradictions étonnantes... Je suis bien embêtée pour dresser un portrait quel qu'il soit de ce pays, où je me suis beaucoup embêtée aussi... Restons positive, retenons les fleurs bon marché et leurs champs immenses et colorés, le bruissement des pneus de bicyclettes s'enfonçant dans la nuit accompagné de rires ou de cris, les speculaas, la soupe aux pois cassés, les tables de riz néerlandaises, le genièvre à la pomme dans un "bruyn kafé", les cigarettes au clou de girofle, le journal Libelle que j'adorais, Modiano et Duras que j'ai dévorés parce que c'est tout ce qu'il y avait à faire, les balades au moulin, les canaux de Leyden la Magnifique (Gouda l'est aussi, et Veere, en Zélande !!), les dunes et le bac des îles frisonnes, bref, la Hollande de carte postale ; qui cache très bien celle dont il aurait été plus intéressant de vous parler, celle où une association vous recommande via posters publics de ne pas jurer si vous avez raté votre train, celle où il n'y a pas de volets "parce qu'on n'a rien à cacher (est néanmoins passible d'amende celui qui ose regarder !!), celle où les hommes de Zélande sont interdits de café mais autoriés dans les "praathuizen", ces maisons aux parois de verre où chacun peut voir que vous ne vous adonnez à aucun vice... La Hollande est loin d'être un pays qui fait rêver et bienheureux ceux qui y viennent en touristes pour glaner ses superficielles beautés !

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Mes années belges...

Je voudrais pouvoir en dire de belles choses hélas, à près de douze années de vie ici le charme (au moins celui de la nouveauté) s'est rompu, la lune de miel (si tant est qu'il y en ait jamais eu une) est terminée. Bruxelles sur laquelle j'ai tant rêvé durant mes dernières années néerlandaises, Bruxelles qui fut, il faut au moins le lui accorder, un échappatoire heureux durant mes premières années ici, Bruxelles c'est fini. Attention, j'y ai aimé des choses, des gens, mon quartier, mon appartement. Mais ce charme-là s'est rompu aussi. Au point que je n'y supporte plus rien,ni la tristesse de ses murs, ni la grisaille de son temps, ni la saleté d'un peuple qui se croit si propre, ni sa fadeur inconmesurable, ni cette belgitude morose, encore moins son écartèlement linguistique funeste et stérile. J'étais venue pour 2 ans j'y suis restée 12, et je ne sais si c'est bien, ou pas. Ce qui est certain par contre c'est que je ne peux plus me raconter que la grisaille a "un certain charme", et oh toutes ces sortes de pluie, comme c'est intéressant, ni supporter un hiver qui dure jusqu'en mai, et une langue française en permanence massacrée. Mon quartier vire au quart monde, et puis j'y connais trop de gens, finalement. Alors gageons que d'ici 1, ou 2 ans, j'aurai trouvé la force, le courage, l'énergie de remballer livres et cartons pour filer plein sud vers la ville de mes nouveaux rêves : Marseille ! Avec toutes mes excuses aux Belges qui me liront pour un constat aussi négatif sur un pays pour lequel j'ai dû avoir de l'affection, sans doute, où j'ai dû être bien, sans doute (sinon je n'y serais pas restée si longtemps), mais où je me supporte tout juste à présent. Gageons qu'une mélancolie posthume viendra redorer dans mon esprit et d'ici quelques années, un blason pour l'instant bien terni et c'est sûrement aussi injuste que regrettable...

20:38 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Lundi au Pays des souris, texte jeunesse publié chez Albin Michel

Aujourd’hui, c’est lundi au Pays des Souris.Et le lundi, au Pays des Souris, quand le soleil a chassé les gros nuages gris, toutes les souris sautent hors du lit pour enfiler leurs plus beaux habits. Car le lundi est un jour sans soucis, un jour où l’on rit en mangeant des galettes de riz.Que fait-on les autres jours au Pays des Souris ? Eh bien, on se prépare pour le lundi ! « Moi, je fabrique la pâte à galettes de riz, nous dit une grosse souris dans son joli tablier à carreaux roses et gris. Avec du bon beurre bien jaune, du bon miel parfumé et de bons grains de riz. » Mais que font les autres souris en attendant le jour des galettes de riz ? Tout dépend de la souris. Les plus rêveuses composent de magnifiques bouquets de pissenlits. Les plus gourmandes préparent des compotes et des confitures de fruits. Les plus courageuses plantent des radis et des salsifis. Et les plus paresseuses... eh bien, elles passent la journée au lit en mangeant des macaronis.A l’heure de midi, certaines repeignent leurs maisons en gris tandis que d’autres jouent au chat et à la souris. A la tombée de la nuit, des rêves remplis de galettes de riz bercent le Pays des Souris. Ainsi le samedi, le dimanche, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi sont des jours un peu gris, des jours alibis. Des jours pour s'occuper en attendant lundi.

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L'Effacement du vide, un texte à propos de ma résidence au Monastère de Saorge (06), commande avortée pour cause de ponctuation atypique...

Et il n'y aura, pas de verre à accrocher aux murs du Temps, aucun miroir dans nos cellules, du Monastère, où se plonger éperdument. Seuls des fragments, minimes - un miroir, de poche ? - dans lesquels regarder des bouts, de son corps, pour oser espérer vraiment. Le jour un doigt, le nez, une oreille, un œil le menton, un genou si j'osais, le miroir, petit, rond, n'accepte rien d'autre que des éléments, d'un corps morcelé que sinon je pourrais jeter, aux cinq coins de la pièce (une cellule !). Et chaque soir c'est la même histoire, une histoire, ancienne, où je suis, dans ma cellule saorgienne, et où j'attends. J'attends, que la nuit tombe, pour exister vraiment. La nuit, tombe, alors que je suis à ma table de travail, et avale, la montagne qui obstrue, ma fenêtre. Je m'y vois. C'est le seul moment de la journée où j'existe ? J'existe enfin parce que je me vois, dans la fenêtre devenue, noire, du noir de tant de nuits en ce village du bout de la vie. Je suis là, dans la fenêtre, face à moi-même qui existe enfin, à ma table. Je suis moi ? Je suis là. Deux fois. Mon corps n'est plus éparpillé il est rassemblé là, une partie en tout cas, qui se reflète. Dans la fenêtre. Et je tends la main. Je tends la main je m'efface ! J'efface cette idée de moi reflétée sur la fenêtre. J'efface mon corps tout juste retrouvé, une partie en tout cas, donc j'efface, mon seul visage pour le moment.Puis j'ouvre. J'ouvre grand la fenêtre et je sors dans la nuit, je sors dans la vie. Et j'efface, la montagne ! Face à la cellule 8 il n'y aura plus d'obstacle mis là, comme pour me narguer. Puis j'avance et j'efface, les montagnes alentour lancées vers le ciel, comme pour une prière. Et je continue. J'efface ! J'efface ce village de lumières suspendu au corps du vide comme au bord d'en lui-même, j'efface ses ruelles ses goulets son vertige, new-yorkais, le cri de sa rivière les chants, de ses chasseurs, ses escaliers ses portes, closes, ses rires ses silences, ses brumes ses râles, les cris de tous leurs chiens, le pas des mornes spectres et aussi les mots, de tous ces autres insectes ! J'efface. J'efface et je me retourne et il n'y a plus, rien, sinon un abîme au bord d'en lui-même, une montagne orpheline de ses possibilités, que j'efface également et alors je m'en vais. Et je monte, ce raidillon - ils disent la calade - qui mène au Monastère où j'efface, le cloître et ses onze cadrans solaires - une heure, sera manquante éternellement, suspendue au vide d'ici - la chapelle ses ostensoirs aussi ses lampions de fête, son Christ mutilé aux plaies, béantes, les stigmates de St François la tête du séraphin, la cuisine, paisible, le potager la pergola, la terrasse les chambres - nos cellules ! - j'efface j'efface j'efface ! Et je me retourne. Rien. Je contemple, une nouvelle fois, du vide accroché au bord d'en lui-même. Mon corps, sans visage, il me faudrait l'effacer aussi. J'efface ! Toutes ces parties visibles qui ne servent à rien. J'efface pour mieux comprendre : Le creux au cœur des rêves purs. L'oubli au creux des cœurs trop durs. Cette heure manquante qui me poursuit le jour la nuit ici, alors que je serais tentée d'écrire car ainsi se vit la vie. Le corps effacé, il ne reste qu'une main. Qui ne sait où aller qui erre, dans la nuit d'un noir tel qu'il n'existe qu'ici, une nuit épaisse, dense, enveloppant ce vide au bord d'en lui-même qui s'est étendu ici par la faute de mes gestes, voraces ! Et il n'y aura plus d'yeux, pour regarder vos morts. Et il n'y aura plus de bouches, pour embrasser leurs corps. Les, mauvais, rêves, seront-ils à jamais, effacés eux aussi? Et alors d'un geste dernier j'efface, la lune ! faute de pouvoir l'éteindre tout à fait, les étoiles aussi, je les efface, d'un ciel encré tel qu'il n'existe qu'ici, puis ma main se suspend, au corps du vide qui règne ici, tout comme le silence, et lentement, posément, cherche au bord de cette immensité l'heure manquante qui, du Monastère, avait trouvé à s'échapper.

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La Femme de la pluie, mon texte préféré, commande avortée aussi pour cause de ponctuation atypique...

Est-ce qu’il pleut, à New York dis, est-ce qu’il y pleut, là-bas et aussi sur ta vie ? Est-ce qu’à New York aussi ça picote et ça clapote, est-ce que tes vitres coulent, de traînées, invisibles et irrésistibles, est-ce que ta vie y est belle à marcher dans des rues, luisantes-haletantes, noires et grises de la pluie de New York qui ne peut-être la même pluie, que celle d’ici ? Vas-tu au tabac du coin sous la pluie new-yorkaise, la petite dame chinoise t’a, t-elle, souri sous la pluie, et connaît-on, jamais, toutes les pluies d’un monde ? Te souviens-tu qu’à Santa Cruz je me cachais, sous une ombrelle, quand le déluge nous recouvrit pour cent et une nuits ?La pluie, à Tokyo, je me demande si elle est douce et sais-tu, sais-tu encore s’il pleut, sur Nantes, autant que sur d’autres vies ? Je l’ai vérifié, moi, j’ai arpenté autrefois les rues de Nantes à cause d’Elle, et j’ai pensé à toi, peut-être même ai-je crié ton nom dans une rue, pluvieuse, de Nantes oui (alors que je ne te connaissais même pas). A Tokyo les karaoke bars sont-ils ouverts quand il pleut tu crois ? Les Japonaises gloussent-elles davantage sous la pluie une main devant leurs bouches, ouvertes, à Tokyo quand les cerisiers perdent leurs pétales, est-il envisageable qu’il pleuve aussi ? En Afrique, on me dit qu’ils attendent (peur peur). Sinon les gouttes au creux des mains, seraient-elles d’autres larmes ? Je t’écris d’ici, le Royaume de la Pluie. Entends, entends ma voix sous la pluie d’ici qui fait, d’infimes éclaboussures. Je ne t’ai pas dit, il faut que je te dise. Hier j’ai vu la femme, la Femme de la Pluie. Elle se promène, nue dehors où il fait froid souvent, à la main elle tient un miroir, de poche fragile, et en avançant elle le racle contre les murs de brique, rouge, ses longs cheveux ondulent sous le vent qui, ici, souvent accompagne la pluie, lourde, à l’image des gens d’ici. Le ciel y est bas le ciel y est, si lourd lui aussi tu le sais n’est-ce pas tu as lu, tant de livres mais sais-tu, seulement sais-tu, si à Hiroshima ils ont tous survécu, cette pluie de, particules, je n’ai pas eu le courage d’allumer la radio aujourd'hui. Hier j’ai dansé, sous une pluie de, confettis ! Et j’ai écrit à cet homme d’autrefois qui voulait me couvrir, autrefois aussi, d’une pluie de pétales, des roses vivantes (oui). Pour notre mariage par contre, y a-t-il seulement eu du riz ? Il faut que je recommence. Ici ciel, métallique, je suis sûre que tu ne connais pas. Et le vent qui s’engouffre, l’eau frémit aussi, toute grêlée de ce ciel, qui pleure à l’envi. Ouvres-tu, ta fenêtre, là-bas à New York où je te vois depuis ici Royaume de la Pluie ? Tu penses à quoi ? Sous la pluie, les pensées sont-elles plus belles et as-tu déjà vu la Femme, cette femme que tout à l’heure je t’ai dit ? Elle marche tu sais je l’ai vue je n’invente pas, son miroir effleure la nuit les murs de brique rouge, sous la pluie que sont les murs d’ici. Va-t-elle jusqu’à toi sans doute ? En quête d’autres pluies, un royaume plus gris ? (peur ?). A Tokyo, il n’y a pas, de brique rouge, je suis presque sûre de cela. A Tokyo cette femme se perdrait sans doute, il n’y a pas de noms de rues, de numéros non plus. Tokyo est cette ville, étrange, où l’on boit des choses vertes et violettes (je crois) et où la pluie, peut-être aussi, a une odeur de soie et non je ne te reparlerai pas d’Hiroshima (la radio demeure éteinte). Les gouttes au creux des mains, seraient-elles encore d’autres larmes ? Et rêve-t-on, au Japon, comme dans d’autres pays ? Je n’ai jamais connu New York sous la pluie, mais Vancouver oui (je pense). Et Prague-Varsovie. A Rome, des gouttes, chaudes. De Montréal je ne veux que la neige (folle, oui), à New York une chaleur, immonde autrefois, alors New York sous la pluie je regrette, que je ne connaisse pas (tu ne m’invites, pas). Paris, sous la pluie, était une chanson fleuve, Amsterdam un canal, d’immondices ou fleuri, Dublin une chanson, triste et Marrakech ou Puebla ou Istanbul, elles n’existent pas. Tokyo à Tokyo sais-tu qu’ils y ont de drôles d’hôtels avec des chambres, microscopiques, à louer pour s’aimer microscopiquement aussi je pense, à l’image de tous ces gens petits. Peut-on s’aimer sous la pluie tu crois, et comment vivent, les Tokyoïtes, ont-ils seulement des larmes sur leurs bras. Si l’on ressort sous la pluie après avoir aimé, penses–tu que l’on se sente mieux, sans doute ? A Nantes, à Nantes, je ne sais pas (mais c’était triste). En Angleterre je n’ai connu que cela, une pluie, vivante aussi, inondant les tasses fleuries d’un thé indien éperdu de lait. En Espagne, là penses-tu qu’il ne pleuve peut-être pas ? (peur aussi peur). Le petit miroir (de poche) vient de tomber, Elle aussi je crois je l’entends, et qui chante ! Je descends voir attends, moi attends et après, tu me diras ? Peut-être, même, verras-tu que c’est devant ta porte, de New York, qu’elle s’est immolée ? Il pleut, dans nos coeurs aussi, est-ce que tu le sais dis-moi, et est-ce que seulement tu le, vois ?

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Questionnaire Proust Express

Ma vertu préférée : la paresse / Le principal trait de mon caractère : l’obstination / La qualité que je préfère chez les hommes : la prévenance / La qualité que je préfère chez les femmes : l’indépendance / Mon principal défaut : la gourmandise / Ma principale qualité : la gourmandise ? / Ce que j'apprécie le plus chez mes amis : qu’ils soient attentifs et attentionnés… / Mon occupation préférée : rêvasser ! / Mon rêve de bonheur : une après-midi d’été dans un transat installé dans le verger d’une maison de campagne (la mienne, un jour…) / Quel serait mon plus grand malheur ? Perdre mes parents ou mes frère et soeur / A part moi-même, qui voudrais-je être ? Exploratrice/Anthropologue, ou pire si affinités / Où aimerais-je vivre ? Sous le soleil exactement (comme autrefois) / Ma couleur : aubergine / Ma fleur : la renoncule / Mon oiseau : le colibri / Mes héros dans la vie réelle : mon plombier ? / Mes héroïnes dans la vie réelle : ma mère et toutes mes amies de là et d’ici / Les faits historiques que je méprise le plus : le mur de Berlin et celui de la honte, en Israël / Le don de la nature que je voudrais avoir : la minutie / Comment j'aimerais mourir : soudainement et très définitivement, mais en douceur et le plus tard possible… / L'état présent de mon esprit : serein ? / La faute qui m'inspire le plus d'indulgence : la luxure / Ma devise : à coeur vaillant, rien d’impossible !

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