31/01/2012

La Femme sans nom, récit poétique et polyphonique : un extrait

296598_261618333871009_100000685325598_858995_730034886_n.jpgJsuis cette femme sans âge ni nom et qui…


Un nom est la forme plurielle d’une identité.

Il ne faut pas craindre de nommer

Le cri des chiens et les pleurs de la nuit lorsqu’ils s’effacent

Sous le poids de tous ces autres rêves.


Je berce un enfant mort contre mon ventre apeuré ; ma nuit n’est pas encore finie. J’erre, j’erre dans la ville, cette ville. La Grand place, j’erre, les Galeries, j’erre, le canal, j’erre, et le Veilleur de La Plus Haute Tour me donne des frissons.


Une femme qui n’aurait pas de nom déambulerait dans une ville sans visage lors d’un automne innommé, doux du soleil il y aurait parfois, un soleil si tendre, mais surtout une pluie, grise.

La pluie, c’est  le paysage d’ici, de cette ville-ci du nord de l’Europe, une ville que l’on dirait fantôme, exsangue, étranglée, défigurée, une ville où il fait mal, d’un estaminet à l’autre, une ville du froid, de l’ennui, de la pluie, rarement de la vie.

Pourtant, c’est une ville belle.

Par endroits.


Il faut les chercher !

Derrière les poubelles, dans les ruelles !

Rue chair et pain, impasse des cadeaux, rue du miroir, rue de l’homme-chrétien, ou de la tête d’or, tout nous est alors offert !

 Longtemps j’ai cru qu’en remontant la rue de Manchester, l’on arrivait directement en Angleterre !

Il est étrange néanmoins que la rue d’Angleterre lui soit diamétralement opposée.

Comment, ainsi, ne pas errer ?

En quête de davantage de beauté. 


Le Royaume des pluies.

Ici le ciel pleure

De lentes gouttes d’ennui.

Le visiteur de passage ne les sent pas, pour lui tout est merveille.

Mais pour celui, ou celle, qui habite là...

Enfin, qui habite ici.

Habiter ici est une destinée farouche, inhabituelle

Une tâche sacrée

Un devoir indicible.

Cela consiste à ramper et errer

Entre vents et immondices.

Et les monuments de sable

Pourraient bien finir par s’écrouler.

17:14 Écrit par edith soonckindt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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